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 Où que vais-je ?

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Bifane

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Date d'inscription : 16/07/2007

MessageSujet: Où que vais-je ?   Sam 2 Mai - 14:16






Où que vais-je ?


On est tellement seul
on est tellement rien...
Ce qu'ils nous veulent,
on sait pas bien.

Ils nous brûleront nos silences
pour tout savoir
de nos errances
à rien y voir,
le rien, ça les démange
à le vouloir remplir,
qu'ils nous prennent, nous rangent
jusqu'au dernier désir.

Ils savent rien : c'est comme nous,
leurs vérités, c'est du mensonge
à s'en piffrer rab à rallonge
jusqu'au dégoût,
ils voudraient qu'on soye comme eux
à lécher la même gamelle,
ces précieux des fonds de poubelle,
c'est malheureux...

J'ai pas la passion des costumes,
ni le sourire bien gentil
et la dent lourde sur l'enclume
à bouffer du profit,
je veux crever dans ma cabane
avec mon coeur dessous le bras,
tout petit, tout en panne,
à plus savoir s'il aimera
s'il a aimé dans son histoire
ou si c'est du flanc, ça aussi,
du bon sentiment illusoire
au fond d'un plat pourri.

C'est entendu que j'en sais rien,
mais je ferai pas comme
avec leur air hautain
des braves hommes.
Quand j'aurai bouffé tout mon pain,
si je sais pas encore,
j'irai pas vomir de dédain,
tout plein comme une amphore
de ma suffisance de con ;
je fermerai juste la porte
pour me cacher au fond
de mon corps de cloporte.

Et peut-être qu'au soir venu,
j'en aurais juste assez pour vivre,
à bien savoir que rien m'est dû,
que c'est mieux dans les livres
où on se refait le chemin
avec des raisons et des signes,
de l'amour, du destin,
où qu'on deviendrait beau et digne...

En vérité, ce qu'on devient,
c'est pas la gloire.
On est bien là, on y revient,
on s'en est gardé pour la poire,
mais ça fout le camp joliment
et c'est plus des jeux d'innocence,
c'est plus aussi charmant,
on s'est retiré en défense.
Viens-y salaud !
m'en reste encore dans la pogne,
à ceux-là qui voudraient ma peau,
qu'ils sachent que je cogne !

Mais non... mais si... ça fait du bien,
on se défoule de la gueule,
on vaut plus rien,
pauvre bête, t'es toujours seule...
Des fois ça fait son fier,
c'est même pas pour l'apparence,
on y croit plus à ces vieux airs,
mais ça répare des offenses.

Eh non, je cogne pas,
ou alors c'est bien rare,
je me cogne à mon galetas,
aux murs qui me séparent,
des choses qu'on dit pas : qu'on sent !
du vieux bobo sous la pommade,
des bleus dessous le vêtement,
des griffes d'autres promenades.
On a même pas répondu,
à quoi ça sert ? Bon, on s'écrase...
on savait que c'était perdu,
on fait rien que des phrases...

Ils sont toujours là, les féroces,
faut faire avec.
Je leur passerai pas la brosse,
ni la langue au trou sec,
mais je laisse courir les hyènes
et rire et puer de bonheur,
leurs ombres aussi, elles viennent,
et même les sans coeur
se le font bouffer, faut pas croire !
Quand ça leur tombera dessus,
ça fera une belle foire,
tous ces pauvres vieux culs...


*



_________________
La vie n'est pas une partie où l'on gagne...


Dernière édition par Bifane le Dim 3 Mai - 20:48, édité 2 fois
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alba

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MessageSujet: Re: Où que vais-je ?   Dim 3 Mai - 17:57

On m'avait dit...
"Baisse le front, endure !
C'est le rite."

Mais ça c'est vous !
Et moi, je suis d'ailleurs...

Je suis l'absent et la brute
Issu d'un vent glaneur,
le centre et le détail
d'un développement étrange.
Un corps de glaise pétris
le sot qui vous affronte
un amalgame poreux
un tumulte,
un éparpillement !

Par raison ou par peur
je tais ma part sensible.
Mes rêves sont à voix basse
et c'est bien comme ça.

Il vous faut du bruit
à n'importe quel prix !
Que ça rampe !
Que ça empoigne !
Moi je claquemure le trop plein
et je fais comme si...
Pingre de tout
j'ai pas le danger des remords
Ni celui d'une admirable patience.
Je suis le déserteur
en état d'insurrection permanente
sans ripostes, immobile !

Arriverai-je quelquepart ?
Sans raison d'être là
où tout se confond ?

Je suis l'éternel face à face
Et m'en retourne à ce que je fais
C'est à dire rien !
Je suis juste moi, un endroit...
où le monde passe et repasse.



*



bisous
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Garance

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MessageSujet: Re: Où que vais-je ?   Lun 4 Mai - 7:32

Waouhhh ! Si ça c'est pas d'lerrance dans l'néant bin ça y ressemble drôlement. Je ne sais pas lequel des deux est le plus fini ... J'aime cette vision de vies parrallèles qui s'entrelacent et ne vont nulle part tout en ayant malgré tout l'oeil bien ouvert.
J'dois dire qu'en lisant au premier coup ton texte bifane, j'ai eu comme un flou : où que va-t-il donc ? me demandais-je, Où que ? où que ? .... Mon cerveau, il imprime pas tout, j'vois pas l'itinéraire de la pensée, les volutes nébuleuses qui sont toujours à la limite de la perception ... Alors j'ai relu jusqu'à ce que qulqu'un que je nomme, madame alba, mette son grain de sel et dessine des rails accessibles. Les deux ensembles et v'là l'ciel qui s'éclaire. Par contre, je saurais pas dire pourquoi. Ca doit être l'alchimie ou bien alors les mondes qui se resserrent et se tiennent les coudes. En fait difficile à commenter ces deux là : sont du domaine du ressenti, vie d'passage, de morts vivants qui convulsent ...
Du coup j'me suis demandée si il fallait pas dépasser les frontières histoire d'aller de l'autre côté du miroir. Comme ça peut-être ('tention hein, me semble que là, j'vais franchement ailleurs Rolling Eyes Disons que c'est un coup d'épée dans l'eau du temps ...).

Ca y est c’matin j’me suis suicidé
J’ai sauté dans le puits
Mais maintenant me v’là bien embêté
Il faut que je fasse mort, et ça j’l’ai pas appris
Moi je m’imaginais, naïvement sans doute,
Que droite et bien tracée serait la longue route
Vers l’éternité, ses délices et son néant
Me voilà trépassé et j’me croyais pépère
Mais c’est pas ça du tout !
Il faut que j’me choisisse un avenir brillant
C’est ce que j’ai compris en débarquant ici
Illico et presto il me faut une vie !
J’suis pas un pur casse-cou ; j’me dis
Qu’j’avais du mal déjà, à faire le nécessaire
Quand j’étais bien vivant, me v’la en pleine galère !

Peut-être qu’en m’inspirant des séances de ciné
Où j’entrais sans payer, j’pourrai dev’nir fantôme,
Rôder dans les clochers, hanter les opéras,
Avoir une vie enfin où je pars en fumée
Dès que sonne minuit
Zombie c’est bien aussi, ça fait peur, on frémit,
Ou vampire peut-être, les crocs en avant,
Le col raide, l’œil glacial sous le sourcil noir
Tout ça quand on y pense, c’est pas vraiment sorcier
Surtout quand l’essentiel, avoir une destinée,
C’est jamais que d’la poudre qu’on jette droit devant,
Pour s’faire un paravent

Mais faire mort, mort éternel et fier,
Devenir un géant dans l’souvenir des autres,
Plus vivant que nature, plus aimé et plus beau,
Avoir pour mausolée les dessus d’cheminées
En faux marbre de Carare ou d’ailleurs
R’garder passer les heures à voir mourir des fleurs
Dans des potiches de grès, ou bien de verre fêlé
Apprendre que sa vie on l’a juste rêvée
Qu’on était un héros, mais qu’on le savait pas
Ça j’peux pas m’y faire, ni même le digérer
Et rien que de penser qu’les autres vont m’encenser
De leurs p’tits mots de fiel, façon le pauvre ami
Mais qu’est-ce qui lui a pris, on le saura jamais
Ca me colle des boutons ; tu parles d’une épitaphe !
Ceux-là qui me voient trop, maintenant que j’suis mort,
Qu’est-ce qu’ils foutaient avant, quand j’étais bien vivant ?

Faut que j’me sorte d’affaires, que je m’refasse ma vie
J’suis mort et ennoyé des poumons jusqu’aux pieds
J’vais quand même pas crier ! Déjà je fais des vers
Attendant patiemment ceux qui viendront m’bouffer
Et j’brille comme un lampion dans ce puits si profond
Ca suffit pas ?

Wink

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Bifane

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MessageSujet: Re: Où que vais-je ?   Lun 4 Mai - 8:09

Comme quoi des fois, j'ai pas nécessairement le sens instruit : je gambadais, cette fois, j'allais à la pêche au mot, suivant les caprices hasardeux de l'inspiration immédiate. C'est vraiment bien que ça fasse démarrer la vôtre si joliment. Alba qui suit les introspections à bouger des cailloux aux profondeurs, et j'ai l'impression que comme moi, c'est pour personne : juste que des fois, ça peut vaguement soulager de les déranger dans leur silence. Et puis Garance (purée que j'ai du mal à t'appeler comme ça...) qui fait carrément le grand saut ? Bah, je dirais presque que c'est pléonasmique, des fois, quand du jour après jour s'englue de rien du tout, j'ai pas tellement l'impression d'être mieux dans l'herbe qu'au puits. Bon, il reste l'espoir que, c'est déjà drôlement mieux, faut reconnaître. Puis le réconfort d'avoir mis personne dans le tracas des culpabilités, ou ça me ferait mal quand même. Du coup, la dernière fois que j'y songeais sérieusement, je penchais pour m'arranger ça en façon d'accident. J'étais encore chauffeur alors, et comme je livrais en montagne, c'était pas compliqué : une sortie de route, un ravin, ça faisait l'affaire. Bin tu vois, j'en suis finalement jamais sorti, de la route, ou juste une fois, mais sans vouloir alors, et juste pour embrasser un fossé, à cause d'un malotru qui descendait au milieu de la route en face. Chez moi, j'avais le flanc de montagne, chez lui le vide. La route était sous la neige, on voyait plus les bords. J'allais pas être aussi con que lui et m'y mettre au milieu moi ausi. J'ai serré ma droite, tellement que les roues ont ripé dans le fossé. En tout cas, ça m'a fait une belle pause : j'ai planté là quatre bonnes heures, le temps de goûter les plaisirs montagneux et la patience. Le seul vrai chagrin, c'est que j'avais la dalle. A part ça, j'ai bien aimé.
Mais où que vais-je encore, moi ? Des fois, t'as vu, ça part pour un rien. Je suis incorrigible... Mais non, moi je veux pas casser ma pipe maintenant, ni me faire immortel non plus remarque, mais quoi, j'ai le temps. J'ai plus les humeurs à me mettre moi-même hors-service, j'ai déjà progressé bien, tu vois ? Et puis qui sait si après c'est pas encore pire : tu imagines ça ? Allez, va, une galère après l'autre, ça va bien.
Puis on peut toujours se défouler de mots, ça soigne pas, mais ça soulage.
Je vous balance quelques bises du loup, qu'est rien qu'un emmerdeur de toutes façons. Mais c'est chouette vos échos, j'ai bien aimé m'y perdre, après m'être égaré dans les miens propres.

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MessageSujet: Re: Où que vais-je ?   Mar 5 Mai - 11:24

Alors ça ! le coup du "vous êtes pas très fini", j'me le ronge comme un vieux nonosse ! en colère
Quant aux "morts vivants qui convulsent au fond d'un puits" Shocked J'crois bien qu'ya des jours, suis d'humeur parallèle. Tu connais les charniers ? c'est là que les poètes en habit de soie, avec épée et manchettes, viennent souper depuis des lustres. J'me suis pas non plus bien expliqué les mots du loup au début, alors j'ai mastiqué, ruminé, et comme une évidence qui brille, tel un vieux mégot mal écrasé dans ma bouillie d'neurones, j'ai reniflé un truc du genre qui m'disait, qu'on avait du lui bourrer la gamelle de choses imbouffables ce jour là et qu'il avait du faire une tite indigestion saisonière. Pt'ête que d'autres diraient : ne faites pas attention, c'est son caractère, il vient de recevoir une politesse... ça le rend grognon !
Pis v'la no'te moutonne qui sonne le glas et nous offre l'autre côté du miroir...
ça m'fait réfléchir !Mur j'en ai conclu qu'elle était chagrinée, et que son écriture cultivée avec soin, célébrait la vie et que j'aimais y venir respirer l'air des forêts profondes, les solitudes de Morfontaine. Mais, me fait plus le coup de la Madame Razz , toi ,l'actrice princiale qui tient une balance si exacte entre deux refouleurs de noir. Moi, tes vers ne me semblent point bizarres, tu étudies les autres en toi-même, tu flamboies et pétilles, on te touche, il en sort du feu. bisous
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MessageSujet: Re: Où que vais-je ?   Mar 5 Mai - 12:03

Ah ça, c'est de la belle définition pour un mouton pas croyable ! Si c'est bien du feu qui en sort, je saurais pas dire, mais c'est du quelque chose qui vit et qui te remue les neurones, pour le moins. Le plus, je vous le laisse à penser, on va pas faire dans les trémolos... Quant à mon inspiration toute personnelle, pour une fois, elle cherchait pas à dire quoi que ce soit de précis. Des fois, ça m'arrive, et ça m'empêche pourtant pas d'avoir envie de l'écrire, ce que je fis donc. Puis le grognement, c'est dans mon caractère, j'ai essayé de le changer, j'ai jamais pu : y'a des jours où j'ai pas d'autre expression. Y'en a d'autres où je suis tout à l'envers, alors je te raconte avec toute la meilleure foi du monde qu'on devrait jamais faire que sourire, je m'étonne moi-même d'y pas penser tout le temps, j'en fait des caisses. Puis la semaine suivante, si tu me le remets en mémoire, je te réponds que c'est des conneries. En général, ça me vient plutôt des autres, ces dispositions fumeuses : une fois, c'était d'une visite à des amis d'Espagne qui m'avait mis le coeur en joie. Ils étaient tellement joyeux, chez eux, toute une bande, et on nous avait accueilli, je te raconte pas, j'ai jamais connu d'humeur plus hospitalière. Je me suis dit qu'on avait tout faux à vivre autrement, c'était forcé. On est revenu chez nous, et tout le long de la route, j'en finissais plus de louer ces dispositions à l'amour de vivre et à l'amitié rigolarde, au sentiment ineffable d'être vraiment le bienvenu, tellement que t'aurais pas pu être ailleurs, tellement qu'à aucun moment en trois ou quatre jours que j'ai passé là-bas, je me suis rêvé ailleurs, non plus qu'à me demander si par hasard j'étais pas juste un peu cheveu sur la soupe et qu'on se forçait pour me faire risette. Non, là, y'avait pas l'ombre d'un doute...
Quand je vois la coutume par chez nous, à côté, je peux pas faire autrement que de sentir la déprime. C'est pas possible de se claquemurer chez soi plus que ça. Presque on serait à se bouffer soi-même le nombril, et à belles dents ! Tu leur dis bonjour, c'est une insulte ! Tu les regardes seulement, t'es catalogué ! En quel article, va savoir... d'ailleurs, vaut encore mieux l'ignorer. Comme disait l'autre, si t'as pas sept générations au cimetière du coin, tu seras étranger jusqu'au bout. Puis c'est pas seulement dans les villages, les villes sont pas mieux, c'est partout...
Je me rappelle des fois avec une franche nostalgie les années que j'ai passées sur le Bassin d'Arcachon. Pas qu'ils étaient follement accueillant là-bas, mais on avait alors un voisinnage que tu pourrais même pas rêver. C'était pas compliqué : on s'aimait ! On était toujours content de se voir, on passait des fois la soirée ensemble, ça se terminait à pas d'heure, et on avait refait le monde entre nous, c'était beau comme du Pagnol. On avait même envisagé d'aller investir un village abandonné quelque part et d'y faire pousser des chèvres. On n'a jamais fait, mais c'était pas moins beau d'y rêver.
Bon, je pars encore je ne sais où...
C'était d'humeurs et d'inspiration qu'on causait au départ ? Ah oui... et pourquoi qu'elles changent et son tellement pas pareilles. Je m'en fais plus pour ça, au fond : je suis pas stable de ce côté-là, j'ai pas cette belle humeur égale qui fait l'admiration de tant de monde. J'ai l'humeur, non pas versatile, mais évolutive je dirais, et en général, je sais à peu près pourquoi. Des fois non, mais je sens bien qu'y a une raison cachée. J'aime mieux pas trop chercher si ça veut pas se laisser voir : des fois, ce serait encore pire, et puis ça sert à rien de compliquer par-dessus le marché. C'est comme quand t'es heureux, en somme : tu te demandes pas pourquoi, tu manges ta joie comme du bon pain, tu jouis et point. Pourquoi qu'on chercherait toujours des raisons à sa tristesse alors ? Si elle est là, elle y est, si elle se cache, qu'elle y reste.
Et même... tu vois comme ça nous emmène, de causer de rien ? On s'est fait un joli trip poétique, je trouve. J'ai adoré. Des fois, c'est pas le rire qui fait du bien : c'est la symbiose, ou quelque chose de ce genre. On sent que la longueur d'ondes est bonne, on plane dessus, ça suffit bien.
Bonne journée chez toi, le cheval sauvage !

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Garance

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MessageSujet: Re: Où que vais-je ?   Mer 6 Mai - 7:12

Albaaaaaaaaa ! T'as dit charniers ! T'as dit charniers !!! J'y crois pas !

Moi, charniers, j'l'ai découvert un jour avec ça :


Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.
(Hérédia)

Et les deux premiers vers, à l'époque, ça m'a sciée. Surtout qu'y'avait aussi les deux derniers ... Comment mieux démarrer l'épopée et comment mieux la finir ?? En plus, y'a pas si longtemps que ça que j'ai enfin appris ce que c'était que des gerfauts. Moi, je voyais plutôt ça comme des piafs énigmatiques et du genre gothique, façon gargouilles qu'on scotche sur les cathédrales, histoire de foutre les jetons aux pigeons (bin quoi ?) ; Pis v'là qu'un jour, j'me rends compte que c'est des faucons, plutôt blancs ; alors là, ça m'a ravie comme si d'un coup l'univers ouvrait toutes ses lignes de fuite ...Où que vont-ils donc, me demandais-je. Pfiou, quel poème ! J'crois que c'est à cause de lui que j'ai jamais réussi à faire des sonnets (sauf 2 fois) mais z'étaient drôlement loin du compte. Me semble que je vais quand même faire ma pub :

Ca c'était le premier : La vieille église

L’église bourdonnait comme une cloche sourde
C’était un de ces soirs où l’homme triste et las
Sent palpiter en lui une âme acide et lourde.
On entendait parfois au loin sonner le glas.

La campagne accablée par l’orage brumeux
Ondulait sous la pluie ; des nuages grisâtres
Tendaient un voile flou sur un monde peureux
Et vil. Mais dans l’église aux refrains opiniâtres,

L’église abandonnée, souvenir poussiéreux,
Relique désertée des vivants et des dieux,
Dans la ruine croulante attendant l’aube pâle,

Les cloches engourdies que le temps fêle et souille
Roulaient sinistrement leur carcasse de rouille :
Un démon enragé tirait la corde sale.

L'autre, c'était une histoire de clope, pour encourager Bifane qu'avait pris la résolution à la con de vouloir zigouiller toutes celles de son paquet ... Une histoire de clopier, donc je vole

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