Un été indien qui charrie derrière lui la lourde mélancolie de tout ce qui passe pour ne jamais revenir...
Octobre étire des jours ivres de soleil,
Du petit matin frileux jusqu'au crépuscule,
L'été s'attarde, encore nimbé de vermeil,
Puis à regret, peu à peu, décline et recule.
Parée de mille feux, l'automne attend son heure,
Dépouille les arbres de leurs ultimes feuilles,
Dans l'éblouissement de ses chaudes couleurs,
Et plonge dans le silence, l'hiver au seuil.
Evanescent, fragile, fugitif printemps,
Evaporé, au rythme incessant des saisons...
Soleil timide, douceur de l'air et du temps,
Tu es l'espoir, la promesse et la déception.
Caresse de l'aube, lueur d'un autre jour ,
Nature qui s'éveille, tu frissonnes encore,
Ton règne est éphémère, malgré tes atours,
Car l'été t'emporte et t'achève, sans effort…
Ainsi tu passes, comme tout sur cette terre.
Et le printemps suivant ne resçucitera,
Dans une bouffée d'air si fraîche si légère,
Que l'humble regret de ce que l'autre emportât.
Ainsi l'été, ainsi l'automne, ainsi l'hiver.
Ainsi pour nous tous qui naissons et qui passons,
Ballottés par la vie, ses joies et ses chimères,
Et qui partons un jour, au coeur d'une saison.